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Quelques grosses déceptions, mais la performance tient le coup !
information fournie par Les sélections de Roland LASKINE 20/02/2026 à 14:48

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Le 20 février 2026

Nous récoltons cette semaine une belle volée de bois vert. Alors que nous nous attendions à voir dans la publication des résultats annuels la confirmation du bien-fondé de nos choix de valeurs, nous nous sommes retrouvés pris cette semaine dans à peu près tous les dossiers qui fâchent : mercredi, chute de 7% du cours du chimiste allemand Bayer qui constitue la principale position de notre portefeuille Défensif et, jeudi, effondrement de 23,6% du cours du groupe minier et métallurgique Eramet. On pourrait ajouter au menu des réjouissances, une belle dérouillée le même jour sur l'avionneur Airbus (-6,75%) et sur Emeis (-11,7%).

laskine

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Avec une telle hécatombe, on aurait pu s'attendre à voir la performance de nos portefeuilles « dispersée façon puzzle » aux quatre coins de la pièce, mais il n'en a rien été. Depuis le début de l'année, notre portefeuille Défensif affiche à la clôture de jeudi soir, une belle hausse de 7,6% quand le CAC 40 parvient tout juste à progresser de 2,8%. L'Offensif, qui a démarré l'année sur les chapeaux de roue a perdu un peu de sa superbe, mais il ressort en hausse de 8,4% depuis le 1er janvier. Sur un an, nous conservons toute notre avance, avec un gain de respectivement 10,4 et 8,6%%, comparé à un CAC 40 en progression modeste de 3,4%.

Nos performances montrent que la diversification des risques, en sélectionnant des valeurs appartenant à des secteurs très différents, sans lien direct entre eux, constitue un principe essentiel de bonne gestion. Il faut aussi accepter de conserver en portefeuille des valeurs qui ne suscitent, a priori, pas un grand enthousiasme. Le moment venu, elles vous évitent de « prendre le bouillon » parce que n'ayant pas participé à l'euphorie générale, elles n'ont pas de raison de subir le courroux des marchés.
Mais tout ceci ne doit pas dispenser de fournir quelques explications sur la présence dans autant de mauvais coups au même moment. On croit toujours faire le bon choix en s'appuyant sur une analyse rigoureuse des données fondamentales, mais le diable se loge dans le détail. Dans le cas de Bayer, nous avons évidemment noté les déclarations des dirigeants à la mi-novembre sur des provisions à venir en lien avec le Roundup, mais les résultats du T3 étaient solides et plusieurs traitements médicaux proposés par le groupe pharmaceutique allemand ont reçu l'approbation des autorités sanitaires chinoises et américaines. Le titre, qui stagnait depuis des mois, s'est alors envolé à la hausse. Nous avons acheté le 27 novembre dans de très bonnes conditions, puisque cette ligne apparaît toujours en dépit de la baisse récente avec une plus-value potentielle de 48%. Pour l'heure, nous conservons le titre en portefeuille.

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Dans le cas d'Eramet, l'effondrement du cours de la valeur nous a contraint de liquider la totalité de la position, en application de notre principe de gestion consistant à couper toute position en recul de plus de 20%. Après avoir enregistré une perte de 477 millions d'euros en 2025, à la suite de la chute du prix des matières premières tombé en bas de cycle, avec en prime l'impact négatif de la baisse du dollar, le groupe minier se trouve dans une situation financière difficile. Ses fonds propres ont besoin d'être renforcés et le service du dividende est suspendu. Avec une situation aussi dégradée, la vente des titres se justifiait aussi d'un point de vue fondamental.
Nous ne sommes en revanche pas inquiets pour Airbus qui annonce des profits historiques et un niveau record de livraison d'appareils pour 2026. Le titre a été attaqué en raison de gros retards dans la livraison des moteurs Pratt & Whitney qui risquent de ralentir la production. Il s'agit d'un incident ponctuel qui ne remet pas en cause la solidité des fondamentaux de l'avionneur européen. Pas d'inquiétude non plus pour le spécialiste des maisons de retraite et de santé, Emeis, dont les objectifs de rentabilité et de désendettement ont été dépassés en 2025. Après l'envolée des cours intervenue depuis début septembre, certains investisseurs, qui visaient un rétablissement encore plus rapide, ont préféré prendre des bénéfices. La valorisation est attractive, nous conservons la valeur en portefeuille.

Ces accidents de parcours sont largement imputables à des événements exceptionnels. Il n'en demeure pas moins que les résultats présentés par les sociétés européennes sont loin d'égaler le dynamisme des sociétés américaines de l'indice S&P 500, dont les profits du T4 se révèlent dans 74% des cas supérieurs aux attentes, avec 73% de bonnes surprises sur les revenus. Dans la zone euro, le tableau est plus nuancé. Dans l'ensemble, les publications sont bonnes, mais de nombreuses sociétés font état d'effets de change négatifs qui alourdissent les performances, ainsi que d'un impact visible des droits de douane imposés sur les exportations vers les Etats-Unis. La faiblesse de la croissance en zone euro ne permet pas non plus de profiter d'un marché intérieur très flamboyant. EssilorLuxottica qui réalise une part importante de son activité outre-Atlantique a, de son côté, dévoilé une marge opérationnelle en repli en 2025 largement pénalisée par la baisse du dollar. Imerys a fait état d'un impact de change négatif de 22 millions d'euros ayant contribué au creusement des pertes. Chez Danone, l'écart entre la constatation d'un chiffre d'affaires en repli de 0,3% en données courantes et en progression de 4,5% en comparables est important. Avec une marge opérationnelle en progression, Air Liquide n'a pas démérité. Le groupe a publié un résultat net récurent supérieur aux attentes, mais, en données courantes, celui-ci ne ressort en hausse que de 6,2%, alors qu'il progresse de près de 10% hors effet de change.

Quelle stratégie pour les semaines à venir ? A la différence des années précédentes, nous constatons que les publications de résultats ne constituent plus « l'assurance tout risque » sur laquelle les marchés pouvaient se reposer en toute confiance. Cette période devient, au contraire, source d'instabilité. Non pas parce que nos entreprises sont défaillantes, mais tout simplement parce qu'elles font face à un contexte devenu plus adverse qu'auparavant. Ces inquiétudes ne nous ont pas empêché de renforcer les positions cette semaine sur à peu près tous nos portefeuilles PEA, car nous continuons de penser qu'il y a toujours plus à gagner à rester significativement investi plutôt qu'à rester à l'écart du marché. Jusqu'à présent cette stratégie nous a bien réussi. Elle suppose malgré tout d'être prêts à affronter une volatilité en nette recrudescence. La diversification des risques constitue, dans ce contexte, la meilleure stratégie possible.

Bonne lecture et bon week-end à tous,
Roland Laskine

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